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IRIONS-NOUS TOUS AU PARADIS ???

Méditation à partir du passage de l’évangile qui relate le dialogue entre Yéchoua et un compagnon d’infortune alors qu’ils sont tous deux torturés sur une croix.

« Lorsqu'ils furent arrivés au lieu appelé Crâne, ils le crucifièrent là, ainsi que (les) deux malfaiteurs, l'un à droite, l'autre à gauche. Yéchoua dit: Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font. Ils se partagèrent ses vêtements, en tirant au sort. Le peuple se tenait là, et regardait. Les magistrats se moquaient de Yéchoua, disant: Il en a sauvé d’autres; qu'il se sauve lui-même, s'il est le messie, l'élu de D.ieu! Les soldats aussi se moquaient de lui; s'approchant et lui présentant du vinaigre, ils disaient: Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même! Il y avait au-dessus de lui cette inscription: le roi des Juifs. L'un des malfaiteurs crucifiés l'injuriait, disant: N'es-tu pas le messie? Sauve-toi toi-même, et nous avec toi! Mais l'autre le reprenait, et disait: Ne crains-tu pas D.ieu, toi qui subis le même châtiment? Pour nous, c'est justice, car nous écopons selon nos actes; mais celui-ci n'a rien fait de mal. Et il dit à Yéchoua: Souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton royaume. Yéchoua lui répondit: Amen, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis » (Luc 23 : 33-43).

Qui ne connaît pas ce dialogue entre Yéchoua en croix et un malfaiteur anonyme qui se trouve avoir été suspendu à la croix voisine de la sienne. Est-ce celle de droite ou celle de gauche ? Nul ne sait. L’évangile selon Matthieu évoque, au chapitre 25, un jugement, où toutes les nations seront rassemblées devant un roi qui séparera les uns d’avec les autres, comme le berger sépare les brebis d'avec les boucs ; et il mettra les brebis à sa droite, et les boucs à sa gauche ; et il dira à ceux qui seront à sa droite : « Venez, les bénis de mon père, recevez en héritage le royaume préparé pour vous depuis la création du monde ».

Lorsqu’il affirme, à l’homme attaché à la croix voisine de la sienne, qu’il sera avec lui dans le paradis, Yéchoua tient la place du roi de la parabole de Matthieu 25. Pilate a fait placer un écriteau au-dessus de la tête de Yéchoua, avec cette inscription : Le roi des Juifs. Yéchoua n’a pas attendu d’être mort et ressuscité pour exercer son autorité royale et prononcer son premier jugement. Cette brebis égarée sera la première admise dans le royaume que D.ieu a préparé pour ses élus depuis la création du monde. Cela donne le ton : Yéchoua n’avait-il pas déclaré que les publicains et les prostituées seraient les premiers à entrer dans le royaume de D.ieu ? Eh bien voilà chose faite !

Et puisque Yéchoua nous demande de ne pas regarder comme souillé ce qu’il a déclaré pur, cessons dès à présent de voir encore cet homme comme s’il n’était qu’un malfaiteur. Etant désormais citoyen du paradis, le roi Yéchoua le compte au nombre de ses amis personnels. Nous devons, dès lors, faire table-rase de son passé et ne plus prêter attention qu’au présent, à cet « aujourd’hui » prononcé par Yéchoua. Ainsi accorderons-nous moins d’importance au mal qu’il a pu faire et focaliserons-nous notre attention sur tout le bien que D.ieu a fait pour lui. Car, après tout, n’est-ce pas de cela dont il est question dans les évangiles ? Des bienfaits de D.ieu à l’égard des pécheurs et du salut accordé en Yéchoua à tous ceux qui choisissent de croire en lui ?

Par ce récit, nous découvrons que D.ieu accorde à ses élus d’entrer dans le paradis, un royaume préparé pour eux depuis la création du monde. Il n’est fait mention de ce terme que trois fois dans toute la bible. La première, c’est ici, dans cette déclaration solennelle faite par Yéchoua à cet homme de D.ieu : « Amen, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis. » De toute évidence, tant Yéchoua que son nouvel ami sont bel et bien morts ce jour-là. Ils n’ont donc pas pu accéder au paradis par voie terrestre, maritime ou aérienne. Le livre de l’apocalypse nous permet de relier le paradis au jardin d’Eden, que certains poètes ont voulu situer au Moyen-Orient mais qui, de toute évidence, demeure introuvable à la surface de la terre. Enfin, Paul, dans sa deuxième lettre aux Corinthiens, relate l’expérience d’un homme, qui fut transporté dans le paradis, sans pouvoir dire si ce fut dans son corps ou sans son corps. La description qu’il en donne nous fait penser qu’il ne s’agit pas d’un endroit localisable sur une mappemonde.

A mon tour, je peux vous relater le témoignage d’un homme que je connais et qui fut, lui aussi, transporté en esprit au paradis. Voici la description qu’il en a donnée :

« Il s’agit d’un endroit hors du temps. Là, tout est immergé complètement dans la lumière. La lumière est puissante, intense, mais elle n’est en rien aveuglante. Ce lieu est concentrique : tout converge vers le centre, où se trouve D.ieu. D.ieu est le noyau. D.ieu est la source. Il n’y a aucune ombre et aucun recoin derrière lequel se dissimuler ; on y est dans la transparence la plus absolue. Ce n’est pas dérangeant ; on se sent en confiance et l’on ressent une paix indicible. Dans le même temps, cette lumière qui traverse tout est chaleureuse et pleine d’amour. La densité d’amour qu’on expérimente en ce lieu ne trouve aucun point de comparaison sur terre. On est submergé de bonheur. Au plus on s’approche du centre, au plus on est envahi par un sentiment de crainte de D.ieu. Ce n’est pas de la peur, mais de la crainte. Cela semble dû à la sainteté de D.ieu.

J’étais attiré vers le centre. C’était irrésistible. Mais à cause de cette sainteté de D.ieu, je n’ai pas pu m’approcher aussi près que je l’eus désiré. J’en ai ressenti une grande frustration. Il m’a été communiqué que je pourrais approcher plus près du noyau une fois sanctifié. La terre m’a été présentée comme le lieu le plus adapté pour être sanctifié rapidement. Au paradis, on continue de progresser, mais le processus est très lent. Toutes ces informations étaient transmises directement à mon esprit et de manière instantanée. Là, tout se passe ici et maintenant. On n’y est pas soumis à la chronologie du temps que nous connaissons sur la terre. Que fait-on dans le paradis ? On est en adoration devant D.ieu. Ce n’est pas une activité ponctuelle, c’est un état permanent. On ne s’en lasse pas, de la même manière qu’une personne amoureuse ne se lasse pas de plonger son regard dans les yeux de l’être qu’elle aime. Il n’y a pas d’ennui, pas d’inquiétude, mais une grande paix, un sentiment de plénitude et de quiétude. Oui, c’est cela : la paix, la joie et le repos. »

De cette description du paradis, je retiens notamment que tout converge vers le centre. Dans le livre de l’apocalypse, il est écrit : « A celui qui vaincra, je lui donnerai à manger de l'arbre de vie, qui est dans le paradis de [mon] D.ieu. » (Apocalypse 2 :7) Or, nous le savons, selon ce qui est écrit dans le livre de la Genèse (Genèse 2 :9), l’arbre de vie se trouve au milieu du jardin. Comment ne pas faire le rapprochement avec certaines déclarations de Yéchoua, notamment lorsqu’il exprime : « Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d'eux » (Matthieu 18 :20). Il en va de même lorsque Yéchoua parle de « l'esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu'il ne le voit point et ne le connaît point ; mais vous, vous le connaissez, parce qu'il demeure au milieu de vous ; et il sera en vous » (Jean 14 :17). Et quand les pharisiens demandent à Yéchoua quand viendrait le royaume de D.ieu, autrement dit le paradis sur terre, Yéchoua leur répond : « On ne dira point: Il est ici ou Il est là. Car voici, le royaume de D.ieu est au milieu de vous » (Luc 17 :21).

Ce qui m’interpelle, dans cette disposition, c’est qu’elle ne correspond en rien au schéma pyramidal que nous retrouvons dans le monde. La pyramide place l’autorité en hauteur, au sommet du monticule. La dynamique est ascendante. Autrement dit, il faut gravir les échelons pour arriver au pouvoir. A contrario, D.ieu ne se place pas au-dessus de nous, mais au milieu de nous, de la même façon que le noyau se trouve au milieu du fruit. Pour l’atteindre, il ne faut pas grimper, mais creuser, c’est-à-dire descendre. Si vous voulez connaître D.ieu, rien ne sert d’accumuler les connaissances intellectuelles, rien de sert d’empiler les livres, rien ne sert de construire une tour, comme à Babel ; si vous voulez connaître D.ieu, il faut gratter pour faire surgir se qui se cache derrière les apparences extérieures, il faut creuser, comme si vous cherchiez à déterrer un trésor inestimable, il faut descendre en soi, il faut aller au cœur des choses, il faut approfondir.

Or, vous ne pouvez pas trouver la lumière du-dedans si vous êtes perdus au-dehors. Vous ne pouvez pas être à la fois profond et superficiel. Vous ne pouvez pas, en même temps, aimer D.ieu et aimer Mammon, c’est-à-dire aimer la richesse extérieure, aimer l’or qui brille au dehors. Au jardin d’Eden, le serpent a tenté la femme en attirant son attention vers le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, vers quelque chose d’extérieur à elle, alors qu’elle portait les commandements de D.ieu en elle. Il lui a fait croire qu’il fallait s’approprier quelque chose qui brillait au-dehors pour distinguer, par soi-même, le bien du mal, alors qu’elle portait en elle la vie, alors qu’elle disposait en elle de la lumière des commandements. Faites attention ; le Satan va chercher, par tous les moyens, à vous attirer au dehors et à vous y maintenir, telle est sa stratégie pour vous faire sortir du jardin.

Avez-vous remarqué que la vaine religion consiste en pratiques extérieures, en gestes visibles au-dehors, qu’il est possible de poser sans que le cœur soit impliqué ? C’est ce que Yéchoua reprochait aux pharisiens, qui pratiquaient les œuvres de justice pour être vus de tous. En Matthieu 6 :5-6, il donne des recommandations très claires à ce sujet : « Lorsque vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites, qui aiment à prier debout dans les synagogues et aux coins des rues, pour être vus des hommes. Je vous le dis en vérité, ils reçoivent leur récompense. Mais quand vous priez, entrez dans votre chambre, fermez votre porte, et priez votre père qui est là dans le lieu secret; et votre père, qui voit dans le secret, vous le rendra. »

Le temple de Jérusalem était construit selon un plan dicté par D.ieu, en trois parties distinctes qui s’emboîtaient les unes dans les autres, à la manière des poupées russes. Le parvis était accessible à tout le peuple et tous pouvaient observer ce qui s’y passait. Les pratiques religieuses consistaient en rites extérieurs : des liturgies, des sacrifices, des ablutions. C’était un lieu de purification, comme peu l’être une salle de bain. Mais pour rencontrer le maître des lieux et s’entretenir face à face avec Lui, il fallait accéder à sa chambre, en passant d’abord par une antichambre : il fallait donc entrer à l’intérieur de la maison. D.ieu a voulu que vous soyez le temple du saint-esprit (1 Corinthiens 3:16). Si vous voulez vous adresser à lui personnellement, réciter des prières extérieures ne suffit pas : il est indispensable de pénétrer à l’intérieur, où vous pourrez l’adorer en esprit et en vérité (Jean 4 :23-24).

Ce mouvement qui consiste à faire silence au-dehors pour entendre D.ieu au-dedans est à l’opposé de celui des personnes mondaines. Les personnes qui sont dans le monde aiment faire des sorties. Elles sortent au restaurant, elles sortent au théâtre, elles sortent en boîte de nuit. Et lorsqu’elles sortent, elles se mettent généralement sur leur 31, elles s’efforcent de briller au dehors, que ce soit avec des bijoux ou avec de la poudre aux yeux. En outre, tout cela coûte beaucoup d’argent. Par contre, on ne sort pas dans le royaume de D.ieu mais on y entre, par grâce : on ne sort pas au paradis mais on y entre gracieusement. A la différence du monde, où il faut faire bonne figure et verser un pourboire pour que le maître d’hôtel vous accorde la meilleure table du restaurant, pour que l’ouvreuse vous accorde les meilleurs fauteuils de la salle de spectacle, pour que le portier vous accorde l’accès à la boîte de nuit, il ne faut ni séduire ni briller au-dehors pour accéder au paradis. Dans le livre des psaumes, nous lisons : « Les sacrifices qui sont agréables à D.ieu, c'est un esprit brisé: Ô D.ieu! Tu ne dédaignes pas un cœur brisé et contrit » (Psaumes 51:17).

C’est parce qu’il a fait montre d’une telle attitude que le voisin de croix de Yéchoua s’est entendu promettre l’entrée imminente au paradis. Il a reconnu ses torts, non en secret, mais en les confessant publiquement. Il a, en outre, professé publiquement que Yéchoua était le messie, le fils de D.ieu et c’est à lui et à nul autre qu’il s’est adressé pour obtenir miséricorde. Et Bingo, il a gagné de pouvoir entrer au paradis le jour-même !

Chers frères et sœurs, forts de ce témoignage poignant, je vous invite à redoubler d’efforts pour vous approcher de D.ieu. Rappelez-vous que les lois de la perspective, dans le paradis, ne sont pas les mêmes que dans le monde. Dans le monde, seul un très petit nombre, une élite, peut accéder au paradis terrestre. Dans le temps présent, pour faire partie de ce groupe restreint, il faut se trouver au sommet de l’échelle sociale, il faut être assis à la première place. A l’heure de la tentation, le Satan proposa cette position élevée à Yéchoua, à la seule condition qu’il se prosterne à ses pieds, mais Yéchoua se contenta de lui rappeler un passage du livre du Deutéronome qui affirme : « C’est YHWH, ton D.ieu, que tu adoreras et c’est lui seul que tu serviras » (Deutéronome 6 :13).

Le Satan a été vaincu à la croix (Colossiens 2:15). Et la toute première proie qu’il a perdue est cet homme qui, à la onzième heure, réconforta Yéchoua depuis le poteau qui était voisin du sien. Nous savons que le Satan continue néanmoins de faire croire à tout le monde qu’il est seul maître à bord. Il offre des contrats juteux à qui mieux-mieux à toutes sortes d’incrédules, à qui il demande de faire allégeance contre un peu de célébrité, contre un peu de bling-bling, contre une première place au hitparade ou au gouvernement d’une nation. Dans ce tumulte, Yéchoua nous propose une ligne de conduite que le monde regarde de haut et qui, pourtant, est salutaire. Cette petite voie de la confiance en D.ieu, qui va en sens inverse de l’esprit du monde, nous garde de tomber dans bien des pièges tendus par le Satan. N’est-ce pas pour nous orienter sur cette voie que Yéchoua nous dit : « Ne vous faites pas appeler instructeurs; car un seul est votre instructeur, le Christ. Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Quiconque s'élèvera sera abaissé, et quiconque s'abaissera sera élevé » (Matthieu 23 : 10-12). S’abaisser, prendre la place du serviteur, comme Yéchoua lui-même l’a fait, tout cela est contraire aux tendances de la chair, tout cela paraît être pure folie aux yeux du monde. Mais ces conseils du maître sont sagesse venue de D.ieu. Telle est la voie qu’il nous propose d’emprunter pour nous préparer à entrer un jour au paradis.

Il est temps de conclure. Permettez-moi de vous faire lecture de cet extrait de la lettre aux Hébreux (Hébreux 10 :19-23), qui synthétise en quelques mots tout ce qui a pu être dit ici et constituera, je l’espère, un encouragement à persévérer dans l’espérance qui est la nôtre : « Ainsi donc, frères, puisque nous avons, au moyen du sang de Yéchoua, une libre entrée dans le sanctuaire par la route nouvelle et vivante qu'il a inaugurée pour nous au travers du voile, c'est-à-dire, de sa chair, et puisque nous avons un souverain sacrificateur établi sur la maison de D.ieu, approchons-nous avec un cœur sincère, dans la plénitude de la foi, les cœurs purifiés d'une mauvaise conscience, et le corps lavé d'une eau pure. Retenons fermement la profession de notre espérance, car celui qui a fait la promesse est fidèle.»

Phil EDENGARDEN © 2017

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