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D.ieu, un cœur de père - Textes & méditations

Cette page annexe regroupe plusieurs textes rédigés par des auteurs spirituels, qui peuvent servir de modèle dans la prière, ainsi que quelques réflexions personnelles à propos de notre père du ciel.


Mon père, je m'abandonne à vous

Ce texte est un modèle de prière d'abandon en D.ieu, en qui nous pouvons nous remettre avec une entière confiance, puisque, comme l'affirme une lettre de Jean:D.ieu est amour.

Mon Père, je m'abandonne à vous,
faites de moi ce qu'il vous plaira.
Quoi que vous fassiez de moi,
je vous remercie.
Je suis prêt à tout,
j'accepte tout.
Pourvu que votre volonté se fasse en moi,
en toutes vos créatures,
je ne désire rien d'autre, mon Dieu.
Je remets mon âme entre vos mains.
Je vous la donne, mon Dieu,
avec tout l'amour de mon cœur,
parce que je vous aime,
et que ce m'est un besoin d'amour de me donner,
de me remettre entre vos mains sans mesure,
avec une infinie confiance,
car vous êtes mon Père.

D.ieu, notre Père

Petite relecture des chapitres 2 & 3 de Genèse

Je voudrais partager, ici, une petite réflexion au sujet de notre père du ciel, qui m'a beaucoup aidé à mieux percevoir son amour tel qu'il est révélé dans l'écriture. A la lecture des chapitres 2 et 3 du livre la Genèse, son visage m'apparaissait parfois comme dur

Chacun connaît ce récit de la bible, dans lequel D.ieu dit à l'homme qu'il a créé de ne pas manger du fruit de l'arbre qui se trouve au milieu du jardin. Ce thème a servi de point de départ à une multitude d'œuvres d'art à travers les siècles, à tel point que l'imagerie a fini par précéder l'écrit, ce qui en parasite souvent le sens.

Par exemple, le fruit défendu est décrit comme une pomme (la pomme d'Adam, qui lui reste en travers de la gorge ☺), alors que le nom du fruit en question ne figure pas dans le texte...
Dans un même ordre d'idées, des tableaux représentent le serpent sans pattes ni jambes avant même la malédiction qui le touche et par laquelle il ira désormais rampant.
Et puis, à force de braquer le projecteur sur l'arbre de la connaissance, on en oublie l'existence d'un autre arbre, l'arbre de vie, avec lequel on le confond. Etcetera.

De la même façon, nous véhiculons parfois des idées reçues sans nous rendre compte des incohérences qu'elles dissimulent. Cela me paraît être souvent le cas quand nous abordons la question de l'interdit posé par D.ieu au jardin d'Eden.

Que nous dit l'écriture ? (Version de la bible traduite par André Chouraqui) IHVH-Adonaï Élohims ordonne au glébeux pour dire: «De tout arbre du jardin, tu mangeras, tu mangeras, mais de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, tu ne mangeras pas, oui, du jour où tu en mangeras, tu mourras, tu mourras.»

Une loi pour exprimer la liberté

D.ieu est père. Non seulement l'homme est-il sa créature, mais surtout son enfant. D.ieu le chérit.
En amont de ces chapitres de Genèse, il est dit que D.ieu s'extasie devant l'ouvrage de ses mains. Chaque fois qu'il vient d'accomplir une œuvre, il exprime sa satisfaction en ces termes: «C'est bon !» ou, selon la traduction de Chouraqui, «Quel bien !». Mais quand il s'agit de la création de l'homme et de la femme, il exprime cette satisfaction au superlatif: «C'est très bon !», ou encore: «Quel bien intense !».

L'homme est comme la prunelle des yeux du père. Et pour couronner cette créature d'une gloire éclatante, il lui fait don d'une réalité inestimable: la liberté.

Cependant, comment cette liberté peut-elle s'exprimer sans un interdit qu'il soit possible de respecter ou de transgresser ?
Le D.ieu du livre de la Genèse n'a pas créé une marionnette.
Il laisse l'homme libre de répondre ou non à son amour. Mais, en bon père, il met en garde son enfant; il le prévient.
Et c'est bien de cette façon qu'il convient de comprendre les termes de cet interdit que D.ieu pose devant l'homme: «de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, tu ne mangeras pas; oui, du jour où tu en mangeras, tu mourras, tu mourras».

Il ne s'agit pas d'une menace, mais bien d'un avertissement, de prévenance. Nous sommes mis en présence d'un être de relation qui expose clairement à son partenaire quelles sont les règles du jeu et quelles seraient les conséquences d'un acte frauduleux. En d'autres termes, c'est comme s'il rappelait à l'homme sa liberté tout en lui en exposant les limites.

Un artiste sait à quel point la lumière a besoin de l'ombre pour s'exprimer. Comment faire éclater la lumière sur une toile si tout est blanc? La lumière a besoin de l'ombre pour être rendue manifeste. Dans ce sens: la liberté a besoin de l'interdit pour être clairement révélée.

Par ailleurs, l'interdit posé par D.ieu n'est pas, comme le serpent tentera de le faire croire à la femme dans la suite du récit, une limitation du potentiel dont l'homme dispose réellement.
Que de fois n'avons-nous pas fait cette expérience par laquelle une apparente restriction de notre liberté de mouvement nous a permis de développer davantage certaines de nos facultés, notamment notre créativité ?

Des pierres pour rebondir

En lui offrant la liberté, D.ieu a mis son homme au défi: Il s'agit d'apprendre à contourner un obstacle pour atteindre la cible, ou, mieux encore, à mettre l'obstacle à profit pour y arriver, à la manière du torrent, qui ne se laisse pas arrêter par une pierre mais, plutôt, utilise cette pierre pour rebondir et aller plus avant. C'est très pédagogique!

Enfin, D.ieu est un père honnête, qui respecte les lois qu'il a lui-même mises en place, dussent-elles le mettre en fâcheuse position. Il prend le risque de perdre ceux qu'il aime si ces derniers devaient transgresser l'interdit et, par voie de conséquence, mourir.
D.ieu n'est donc pas une espèce de juge sévère ou de despote imbu de son pouvoir. Il démontre ici à quel point il est épris de l'homme et la femme qu'il a créés pour se tenir en vis-à-vis devant lui.

Le maître-mot de ce récit pourrait être «confiance». D.ieu nous invite à faire confiance à sa parole, tout comme un papa le fait avec son enfant. Quiconque défierait sans cesse les limites posées par ses parents aurait tôt fait d'aller à sa perte. Quand un papa dit à un enfant de trois ans : «pose ce couteau de cuisine sur la table, sinon tu vas te couper», ce n'est pas pour ennuyer son enfant qu'il le fait, ni pour restreindre sa liberté de mouvement, mais, au contraire, pour le protéger à un stade de sa croissance où il ne peut pas encore faire usage d'un outil dont il pourra néanmoins s'aider plus tard.

Par ailleurs, D.ieu fait une telle confiance à l'homme que ce dernier a la possibilité d'en abuser à ses dépens. D.ieu est amour. D.ieu notre Père.

© Phil Edengarden - 2014

Prière du "Notre Père"

Cette prière est celle que Yéchoua a enseignée à ses disciples, qui lui demandaient comment prier. Elle représente un modèle parfait, dont nous pouvons nous inspirer en la prenant, par exemple, comme base pour toute prière spontanée de demande à D.ieu.

Dans vos prières, il ne faut pas multiplier les paroles, comme font les païens; ils se figurent être exaucés à force de paroles.
Ne les imitez pas. Votre père sait de quoi vous avez besoin avant que vous le lui demandiez.
Voici comment vous prierez:
Notre père qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme aux cieux.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour,
Pardonne-nous nos offenses
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensé.
Ne nous laisse pas entrer en tentation
mais délivre-nous du mal.
Car si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre père céleste aussi vous pardonnera;
mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre père ne vous pardonnera pas non plus.

Comment prier ?

Rapportées par l'évangile selon Matthieu (Mt 6, 7-15), ces quelques lignes apparaissent clairement comme des recommandations du maître qui portent davantage sur une ATTITUDE à adopter quand nous prions que sur une formule à reproduire à l'identique à chaque fois que nous nous adressons à D.ieu.

Ces paroles répondent effectivement à la question "COMMENT PRIER?", et non pas: "Que demander à D.ieu quand nous prions?"
Cela ressort des quelques mots d'introduction donnés par le maître lui-même au moment de révéler ce secret du royaume: Votre père sait de quoi vous avez besoin avant que vous le lui demandiez. Voici donc comment vous prierez ... (Mt 6:8-9)

Même quand Yéchoua nous propose de demander à D.ieu de nous procurer, aujourd'hui, notre pain quotidien, il nous invite, en réalité, à ne pas nous soucier du lendemain et à exprimer à D.ieu notre CONFIANCE.
La prière ne portera donc pas sur nos soucis temporels ni sur nos besoins matériels! Ces derniers sont à remettre à leur place, non plus comme des priorités, mais en tant que moyens pour atteindre un objectif élevé qui nous propulse en dehors de la sphère étroite du profane.

D'abord QUI et puis QUOI

La première chose qui nous interpelle est sans doute l'insistance qui est faite quant à l'identité de Celui qui apparaît d'emblée comme notre INTERLOCUTEUR dans la prière: Yéchoua l'appelle «PAPA».

Or, ce père, NOTRE père, n'est pas n'importe qui: IL EST SAINT, IL EST ROI, IL DETIENT L'AUTORITE DANS L'ETERNITE. Mais la terre est à nous, qui en sommes les gardiens, et le règne et la volonté de D.ieu ne peuvent s'y exercer que si nous le voulons bien. D.ieu ne cesse de nous rappeler à quel point nous sommes libres: libres de choisir entre ses projets d'amour ou les plans dessinés par notre chair.

Oui, la prière est un espace-temps privilégié pour réaffirmer notre choix de D.ieu qui, dès lors que nous nous sommes laissés rapprocher de lui par la médiation de Yéchoua, nous reconnaît comme ses enfants!

L'évangile selon Luc (Lc 11,1-13) rapporte les mêmes paroles de Yéchoua sur la question de la prière: si les termes du dialogue avec D.ieu y apparaissent, à prime abord, comme moins étoffés, l'insistance sur l'identité de D.ieu-père y est, en revanche, très appuyée. Yéchoua y lève d'ailleurs le voile sur LE CARACTERE DU PÈRE, en même temps qu'il nous indique ce que doit être le véritable contenu de notre demande à D.ieu, une demande à laquelle le père ne peut pas ne pas répondre:
Si donc vous, mauvais que vous êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison votre Père du ciel livrera-t-IL l'esprit-saint à ceux qui le LUI demandent. (Lc 11 :13)

D.ieu est père. D.ieu est bon. Sa paternité n'est pas étrangère à la paternité humaine. D.ieu est aux petits soins avec nous: il est si proche qu'il sait de quoi nous avons besoin avant même que nous ne le lui demandions. Il nous connaît mieux que nous-mêmes. Il garde en vue notre salut et notre progression spirituelle. D.ieu veille sur nous à tout moment. Et D.ieu nous demande de ne pas nous soucier des questions temporelles, liées à la chair, car il sait mieux que nous ce dont nous avons réellement besoin ou non.

Par cette prière, nous apprenons à placer davantage notre CONFIANCE en D.ieu et à nous laisser guider plus haut, plus loin que là où nos tendances naturelles nous conduisent habituellement.
En nous invitant à ne pas nous préoccuper des choses matérielles, Yéchoua nous rappelle que les véritables priorités sont ailleurs, que la vie est bien plus que des questions de boire et de manger. C'est pourquoi je vous dis: Ne vous tracassez pas pour votre vie, de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. La vie n'est-elle pas plus que la nourriture, le corps n'est-il pas plus que le vêtement? /.../ Ne vous tracassez donc pas, ne dites pas: Que mangerons-nous? Qu'aurons-nous pour nous habiller? Tout cela, ce sont les païens qui s'en préoccupent. Or, votre père céleste sait que vous en avez besoin. cherchez d'abord le royaume de D.ieu et sa justice, et tout cela vous sera donné de surcroît. (Mt 6,25-34)

Demander l'ESPRIT-SAINT

Ce que le père nous propose de lui demander par-dessus tout, c'est l'esprit saint.

En cela, Il nous révèle que ce qu'il désire nous offrir est d'un autre ordre, plus intime. Oui, D.ieu est amour (1 Jn 4,8) et il désire se communiquer à nous. Mais D.ieu ne viole pas notre conscience; il attend que nous lui disions notre désir de l'accueillir dans notre cœur. Le privilège d'ouvrir la porte à la grâce nous revient.

Last but not least, D.ieu veut que nous lui soyons, en quelque manière, semblables, puisqu'Il nous autorise à pardonner à d'autres hommes leurs torts envers nous, à délier sur terre ces nœuds qui, par conséquent, seront déliés dans le ciel, à dénouer dans le temps présent ce qui, par voie de conséquence, sera dénoué pour l'éternité. Trop souvent banalisé, ce pouvoir qu'il nous donne est considérable, et la puissance d'amour de D.ieu peut croître en nos vies au fur et à mesure que nous exerçons cette autorité qui nous est conférée.

>La prière est une démarche spirituelle qui a pour finalité les réalités spirituelles. Pour y arriver, Yéchoua nous propose de le suivre pas à pas. Il a une méthode, et cette méthode est contenue dans les termes de ce que nous considérons injustement comme une «prière» si par «prière» nous entendons un texte à réciter de mémoire ou une incantation magique. Cette «prière» du « notre père » est une carte routière, un plan à suivre pour atteindre au but ultime de notre démarche: nous libérer des soucis matériels, en rendant ainsi à César ce qui est à César, et nous rendre disponibles pour RECEVOIR L'ESPRIT-SAINT, cet esprit d'amour inconditionnel qui anime Yéchoua.
Autrement dit, demander à recevoir l'esprit saint, c'est exprimer qu'on désire l'amour par-dessus toutes choses et vouloir (re-)mettre l'amour à la première place en toutes choses.

© Phil Edengarden - 2014

Père dont le nom est tendresse

Trop souvent, en raison du péché qui nous a éloignés de Lui, nous voyons le D.ieu de toute Justice comme sévère et impitoyable. Ces quelques lignes, écrites par un tout jeune homme, témoignent d'une rencontre personnelle avec l'amour miséricordieux de notre père du ciel, qui, s'il n'en demeure pas moins parfaitement juste, est également la source des sentiments les plus nobles, des vertus les plus élevées dans l'amour.
Ce texte nous invite donc à porter notre attention sur les attributs de D.ieu.

Père dont le nom est tendresse,
Père dont le nom est jeunesse,
Père dont le nom est amour,
Père dont le nom est Père,
Père dont le nom est Mère,
Père dont le nom est secours,
Père dont le nom est indulgence,
Père dont le nom est patience,
Père dont le nom est pardon,
Père dont le nom est caresse,
de nouveau Père dont le nom est tendresse,
Père qui t'appelle l'infiniment bon,
O Père, à ceux qui sous prétexte
que tu es quelqu'un de tout autre,
ne veulent pas que ta paternité
ait aucun rapport avec la nôtre
et te font ce qu'ils ne voudraient pas être eux-mêmes:
une espèce de juge terrible et de Pharaon,
avec les mots humains qui seuls ont goût de Dieu,
donne-moi, ô Père, de faire connaître ton vrai nom !

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