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COMMENT GUÉRIR DE L’ACÉDIE ?

Un jeune chrétien est généralement tout-feu-tout-flamme. Mais cet état d’euphorie caractéristique des commencements ne dure qu’un laps de temps assez court et fait souvent place à beaucoup de monotonie et de tiédeur...

Dans l’antiquité, le terme ACÉDIE signifiait manque de soin. La notion fut reprise par les pères du désert pour désigner la paresse spirituelle. Cette négligence conduit au dégoût pour la prière et la lecture spirituelle. Et croyez-moi, personne n’est à l’abri de cet état de torpeur qui, pareil aux moustiques les plus agressifs, peut piquer même les plus zélés disciples de Yéchoua.

Permettez-moi de prendre un exemple pour illustrer mon propos. Lorsqu’une personne modeste acquiert un véhicule automobile, elle souhaite que cet engin lui soit utile et qu’il demeure performant le plus longtemps possible. Elle en prend donc grand soin. Elle ne se contente pas d’alimenter le réservoir d’essence, le réservoir d’eau et le réservoir d’huile, mais elle nettoie régulièrement la carrosserie et les vitres, Elle s’assure du bon état des pièces du moteur mais aussi de l’embrayage, du système de transmission, des pneus, des amortisseurs, des plaquettes de frein, du système électrique, des éclairages, etcétéra. Si elle ne s’y connaît pas en mécanique, elle conduit sa voiture chez le garagiste pour un contrôle et un entretien annuel. Mais tout cela ne sert à rien si cette personne conduit mal ou entraîne son véhicule sur des terrains pour lesquels son automobile n’a pas été conçue. Vous le savez autant que moi, conduire, ce n’est pas juste s’asseoir derrière un volant, allumer le contact et foncer en direction de la destination voulue.

Curieusement, de nombreux chrétiens semblent mener leur vie de cette manière. Ils sont nés d’en-haut et, pensant que tout leur est désormais acquis, une fois calmée l’excitation de la nouveauté, une fois passé le temps des épousailles, ils se mettent à se reposer sur leurs lauriers. Peut-être ont-ils lu la bible en entier, ont-ils acquis une certaine connaissance de l’enseignement de Yéchoua et le pratiquent-ils dans les grandes lignes. Mais il n’y a plus de ferveur, plus de zèle débordant. Le feu qui brûlait en eux au début s’est quelque peu éteint, pour ne plus présenter que quelques braises ici ou là. Le torrent impétueux qui jaillissait de toutes parts s’est transformé en étang. De fanatiques, ils sont passés à apathiques. Ils en ont oublié la nécessité d’alimenter le réservoir de leur vie de foi, de travailler à l’entretien de leur salut. Ils sont démissionnaires et laissent désormais à d’autres le soin d’étudier la bible à leur place, de prêcher la bonne nouvelle à leur place, de louer D.ieuà leur place, de jeûner à leur place, d’intercéder à leur place. D’acteurs, ils deviennent consommateurs. Et lorsqu’ils commencent à trouver trop fades les plats qu’on leur sert sur un plateau, dimanche après dimanche, lorsque l’ennui s’installe, ils en arrivent quelquefois à s’engager dans un service d’église ou l’autre susceptible de les occuper. Ils s’accrochent alors à leur tâche comme on s’attache une médaille au revers de la veste à l’aide d’une épingle de sûreté, et gare à quiconque essaie de leur retirer leur seule raison d’assister encore aux réunions de ce qui constitue désormais un club d’habitués.

Notons que ce n’est pas toujours de leur faute. Je dénonce ces assemblées de chrétiens qui, pareils à des brigades de pompiers, étouffent le zèle ardent de leurs plus jeunes membres. Je dénonce ces assemblées d’anciens qui obligent les jeunes chrétiens à se plier à leur conformisme, que ce soit par des codes langagiers, des codes comportementaux, des codes alimentaires, des codes vestimentaires. Non, D.ieu n’attend pas que nous utilisions des formules toute faites pour nous adresser à Lui en public. Non, D.ieu ne demande pas que nous baissions la tête à l’injonction de je-ne-sais-quel pasteur pour exprimer un faux-semblant d’humilité dans la prière. Non, D.ieu n’exige pas que l’on porte un costume-cravate ou une robe longue à col monté pour être dignes de lui. Non, D.ieu n’exige pas que nous nous abstenions de consommer toutes sortes d’aliments et de boissons qui ne sont ni hallal ni kasher. Le seul critère en toutes choses est la charité fraternelle. Tant que nous demeurons dans ce contexte-là, tant que nous persistons à rechercher l’intérêt de nos frères et sœurs les plus faibles, tout nous est permis (1Corinthiens 10:23). Car la lettre tue, dit encore l’apôtre Paul, mais l’esprit vivifie (2Corinthiens 3:6).

D.ieu m’a accordé la grâce de progresser au sein d’un groupement de chrétiens marginaux, motivés principalement par la charité fraternelle. Certains membres avaient eu de graves problèmes d’alcoolisme. Pour ne pas les tenter et les soutenir dans leur effort d’abstinence, il avait été décidé que parler d’alcool serait interdit, que ce fût à table ou ailleurs. Mais il n’était pas, pour autant, interdit aux personnes sobres et mesurées de boire un verre de vin à leur domicile, pas plus qu’il était interdit, aux personnes qui s’y sentaient appelées, de jeûner de vin. Mais il n’y avait pas de légalisme, pas de loi générale venue d’on ne sait où, pas de règlement d’ordre intérieur applicable par tous qui tordait le sens des mots contenus dans la bible et qui édulcorait soudain le terme vin en jus de raisin. Oui, frères et sœurs, quand la peur de mal faire conduit à des excès de légalisme, cela revient à faire pousser des ronces autour de la semence jetée en terre par le semeur, comme dans la parabole que nous trouvons en Luc 8 : 4-15. De la même manière que pour les gens qui ont entendu, mais qui sont étouffés, chemin faisant, par les soucis, la richesse et les plaisirs de la vie, les contraintes extérieures qui insistent lourdement sur la nécessité de l’ascèse et du détachement de toute forme de plaisir de la vie finissent par étouffer le bon grain et l’empêchent de venir à maturité.

Une des raisons de l’acédie trouve son origine dans la procrastination, cette tendance de la chair qui consiste à remettre au lendemain ou à plus tard ce qui peut-être fait le jour-même, voire dans l’immédiat. Avez-vous jamais repéré cette fâcheuse habitude dans votre vie ? Remédiez-y sans plus tarder, sans procrastination. Évidemment, cela demande de produire un effort, de se vaincre. Mais rappelez-vous que le royaume des cieux appartient à ceux qui se font violence pour y entrer (Matthieu 11 :12), qui plus est par la petite porte étroite (Luc 13 :24). Dans son évangile, Jean rapporte cette exhortation de Yéchoua : « TRAVAILLEZ, non pour la nourriture qui périt, mais pour celle qui subsiste pour la vie éternelle, et que le fils d'homme vous donnera » (Jean 6 :27). Cette invitation au travail, à l’effort que nous devons fournir pour progresser sur la voie du salut nous est rappelée par l’apôtre Paul, lorsqu’il écrit : « Ainsi, mes bien-aimés, comme vous avez toujours obéi, TRAVAILLEZ à votre salut avec crainte et tremblement » (Philippiens 2 :12).

Nous pouvons certainement relier cette question de l’acédie à cette autre exhortation que l’apôtre Paul adresse aux chrétiens de Thessalonique : « Car, lorsque nous étions chez vous, nous vous disions expressément: Si quelqu'un ne veut pas TRAVAILLER, qu'il ne mange pas non plus. Nous apprenons, cependant, qu'il y en a parmi vous quelques-uns qui vivent dans le désordre, qui ne TRAVAILLENT pas, mais qui s'occupent de futilités » (2Thessaloniciens 3 :10-11). A l’heure actuelle, le travail quasi obligatoire des femmes à l’extérieur de la maison fait que les opportunités d’emploi viennent à manquer aux hommes, notamment pour les plus âgés et les moins valides. Mais quelle que soit votre condition socioprofessionnelle, vous avez, toujours et partout, la possibilité de travailler à votre salut. Et ce qui vaut pour le travail en vue du salaire sur la terre, vaut également pour le travail en vue d’une récompense dans le ciel : si quelqu’un ne veut pas travailler, nous dit l’apôtre, qu’il ne mange pas non plus. Je pense que nous disposons, ici, d’une clé pour sortir du problème de l’acédie : la pratique du jeûne. Je vais le formuler autrement : si vous avez un problème de paresse spirituelle, commencez un jeûne, et je peux vous garantir que vous mettrez moins de temps pour sortir de l’impasse que vous n’en avez mis pour vous y engouffrer.

Comme pour tout ce qui a trait à la vie spirituelle, l’intention prime sur tout le reste. Jeûner, ce n’est pas sauter un repas par accident ou se passer d’un repas parce que l’on manque d’appétit. Ce n’est pas, non plus, oublier de manger parce qu’on est trop occupé ou se priver de nourriture parce que le frigo est vide. Le jeûne implique un choix de notre part, une prise de décision. Et c’est cet acte de volonté qui va faire toute la différence, car D.ieu regarde au cœur. Le jeûne est donc un acte qui engage notre responsabilité, notre capacité à répondre librement à l’appel de D.peu. Et permettez-moi de vous rappeler que D.ieu invite chacun d’entre nous à jeûner, ce n’est pas une activité facultative. Dans son sermon sur la montagne, Yéchoua dit : « Lorsque vous jeûnez, ne prenez pas un air triste, comme les hypocrites, qui se rendent le visage tout défait, pour montrer aux hommes qu'ils jeûnent. Je vous le dis en vérité, ils reçoivent leur récompense » (Matthieu 6 :16). Il ne dit pas « Si vous jeûnez » ou « S’il vous arrive de jeûner ». Il dit : « Lorsque ». Et celui qui dit cela s’y connaît bigrement bien en matière de jeûne. N’oubliez pas qu’il a passé 40 jours et 40 nuits à jeûner dans le désert. Et les personnes rompues au jeûne de longue durée vous le diront : il est impossible de mener à bien un tel jeûne sans préparation, sans entraînement, sans une pratique préalable de jeûnes de plus courte durée. Alors, que des pharisiens aient pu traiter Yéchoua d’ivrogne et de glouton est tout à fait risible. Mais, à l’inverse de ces pharisiens hypocrites, Yéchoua pratiquait lui-même ce qu’il prêchait, Le verset que nous venons de lire est d’ailleurs suivi de cette recommandation : « Mais quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave ton visage, afin de ne pas montrer aux hommes que tu jeûnes, mais à ton père qui est là dans le lieu secret; et ton père, qui voit dans le secret, te le rendra » (Matthieu 6 :17-18). Voulez-vous connaître un peu mieux le caractère de Yéchoua et l’en aimer davantage ? Prêtez attention à un passage comme celui-ci.

Sachez également qu’un jeûne volontaire constitue en lui-même un travail. Tout renoncement à soi, tout combat contre les tendances naturelles de la chair représente une œuvre de l’esprit, un travail d’ordre spirituel. Vous vous ennuyez dans votre marche à la suite de Yéchoua ? Vous ne savez pas quoi faire pour rendre service à D.ieu? Vous êtes dans le brouillard et n’arrivez plus à vous orienter ? Alors, jeûnez et joignez-y l’exercice de la prière ! Vous aurez du pain sur la planche. Vous aurez un travail rémunérateur dans le ciel, je vous le garantis.

Maintenant, le jeûne doit-il obligatoirement être de type alimentaire ? J’ai déjà entendu dire, par quelques chrétiens bien intentionnés, qu’il était possible de remplacer un jeûne alimentaire par un jeûne d’un autre type, en se privant, par exemple de regarder la télévision. Mais cette forme de privation, même si vous la remplacez par un temps de lecture ou de prière, ne concerne que votre mental, pas votre corps. Or Yéchoua nous demande de le suivre en mettant notre corps en mouvement, pas seulement notre tête. Et puis, pour avoir comparé ces différents types de privation, je puis vous assurer que le résultat n’est pas du tout le même. Remporter un combat contre la dictature de l’estomac nous permet d’acquérir plus de liberté intérieure et de force spirituelle pour faire face aux tentations de l’ennemi. Ce n’est pas pour rien que Yéchoua affirma que certains types de démons ne peuvent être chassés que par la pratique de la prière ET du jeûne (Matthieu 17 :21). J’ai aussi entendu certains chrétiens bien intentionnés affirmer que les enfants ainsi que les personnes âgées ou malades pouvaient s’abstenir de jeûner. Mais rien ne justifie une telle affirmation. Dans un tel cas, la question n’est pas celle du jeûne alimentaire, mais de la manière avec laquelle il est sage de procéder. Même un enfant peut se priver de dessert ou de friandises pendant une période déterminée sans que cela ne nuise à sa croissance. Si, pour des raisons médicales, il n’est pas possible d’entreprendre un jeûne intégral, il est toujours possible de se contenter de moins pendant un temps, ou de se contenter d’un simple plat de riz et haricots, toujours le même, pendant une période prolongée, ce qui, entre nous soit dit, serait déjà un luxe pour une multitude de personnes qui souffrent de malnutrition un peu partout sur cette planète. J’aime cette pratique qui consiste à reverser l’argent qui n’a pas été dépensé durant un jeûne alimentaire à une caisse de solidarité qui lutte contre la faim ou la soif dans le monde. Dans certains cas, une dizaine d’euros fait une grande différence.

D’ailleurs, un jeûne bien vécu a notamment pour fruit une plus grande générosité. Quand vous jeûnez pour une cause ou pour quelqu’un, non pas pour vous faire valoir, vous donnez de vous-même. Quand vous priez pour une cause ou pour quelqu’un, vous donnez de votre attention, de votre salive et de votre temps. Cela constitue quelquefois un véritable combat spirituel et c’est déjà très bien. Mais quand, de surcroît, vous jeûnez, vous donnez de vos tripes, vous donnez de votre personne, vous vous donnez vous-même. D.ieu dit dans sa parole que le sacrifice qui lui plaît est un esprit brisé. Dans le Livre des psaumes, il est écrit: « Les sacrifices qui sont agréables à D.peu, c'est un esprit brisé: O D.ieu, tu ne dédaignes pas un cœur brisé et contrit » (Psaumes 51 :17). Il n’est certainement pas question de dépression, mais de soumission et d’humilité. Le jeûne est un moyen efficace pour exprimer à D.ieu que vous vous soumettez à Lui, et non aux injonctions de la chair. Quand, en bon père, D.ieu vous demande de faire quelque chose, cela ne plaît peut-être pas à votre égo, mais c’est pour votre bien et le bien de la création tout entière. Un effet du jeûne est souvent un plus grand respect pour les aliments, que ceux-ci soient de type végétal ou animal. Par le jeûne alimentaire, D.ieu vous dégrossit et vous apprend à ne plus vous comporter comme un sauvage ou l’un de ces barbares qui introduisent dans leur corps tout ce qui leur tombe sous la main, sans considération pour la valeur de ce qu’ils engloutissent gloutonnement.

Le but de tout ceci n’est pas de pratiquer l’ascèse, comme le font les moines bouddhistes ou les hindouistes, pour accéder à je-ne-sais-quel état de béatitude intérieure. Notre intention n’est pas, non plus, d’acquérir une meilleure santé, comme le préconisent les tenants du jeûne hygiéniste, de plus en plus en vogue à l’heure actuelle. Même si le jeûne régulier contribue effectivement à l’amélioration de la santé de notre corps, c’est incontestable, l’objectif que nous poursuivons est de faire ce que Yéchoua nous commande, c’est-à-dire d’être un peu plus chrétiens au soir que nous ne l’étions au matin. Je suis donc sidéré quand j’apprends que certains chrétiens n’ont jamais jeûné de leur vie. Je ne parle pas de cette pratique bourgeoise qui consiste à manger un plat de poisson le vendredi à la place du repas de viande rouge ou blanche le reste de la semaine ; cela ne compte pas. Et je suis même quelque peu irrité quand ces derniers justifient leur négligence par toutes sortes d’arguments plus faux les uns que les autres, alors que la véritable raison réside dans leur refus tout net de se convertir, dans leur incapacité à mourir à la vie de la chair, laquelle aurait dû être clouée à la croix depuis longtemps, laquelle aurait dû être morte et enterrée au moment du baptême par immersion totale. Remarquez que nous sommes en présence d’un cercle vicieux. La paresse spirituelle empêche de jeûner et l’absence de jeûne ne permet pas de guérir de l’acédie. Et comme souvent, c’est le premier pas qui coûte vraiment : quiconque a pu faire l’expérience d’un premier jeûne sérieux y revient par nécessité, tant il voit les bons fruits que cela peut porter. Il est donc utile de nous exhorter les uns les autres à jeûner autant que possible et d’accompagner les plus faibles dans la chair par la prière et par des encouragements, en leur proposant, par exemple, de jeûner ensemble en se retrouvant pour un temps de rencontre conviviale à l’heure habituelle des repas.

Remplir utilement le temps libéré par les soucis de nourriture est d’ailleurs un impératif. Quiconque jeûne se rend soudain compte de la place que peuvent prendre les repas dans le déroulement d’une journée : en plus du temps passé à table, il y a les courses, la préparation en cuisine et la vaisselle. A cette somme de temps consacré aux repas, il faut encore additionner des heures de sommeil, car le système digestif étant à l’arrêt, l’organisme n’a plus besoin d’autant d’heures de repos. Tout ce temps-là, il faut l’occuper intelligemment. Il est donc bon de ne pas se lancer dans l’aventure sans avoir envisagé cet aspect au préalable. Il est vrai que, selon les personnes, les forces physiques font plus ou moins défaut et que ce n’est pas forcément le moment idéal pour s’investir avec davantage d’intensité dans la pratique d’un sport. Selon les personnes, la sensibilité émotionnelle est plus ou moins exacerbée et le moment est mal choisi pour s’exposer à des images violentes ou à des sons agressifs. Mais, par exemple, se fixer comme objectif d’avoir lu tel ou tel autre livre de la bible avant la fin du jeûne est à la portée de tout pratiquant. S’offrir une promenade dans un coin de nature ou auditionner un concert de louange ou de musique sacrée font également partie de ces choses bienfaisantes à mettre au programme. Ne perdez pas de vue que l’oisiveté ouvre la porte toute grande à l’ennemi.

Dans l’une de ses lettres, l’apôtre Pierre nous donne une recommandation qui peut servir de ligne de conduite pour mener à bien un jeûne prolongé. Voici ce qu’il écrit : « Humiliez-vous donc sous la puissante main de D.ieu, afin qu'il vous élève au temps convenable; et déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, car lui-même prend soin de vous. Soyez sobres, veillez. Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera. Résistez-lui avec une foi ferme, sachant que les mêmes souffrances sont imposées à vos frères dans le monde » (1Pierre 5 :6-9). Vivez donc votre jeûne en compagnie de Yéchoua, en communion avec Lui. Le jeûne est favorable à un approfondissement de notre relation à D.ieu, à une croissance spirituelle. Dans les moments de tentation, demandez au père qu’il vous envoie l’esprit-saint. Et soyez certains qu’il vous comblera bien au-delà de vos attentes. Si tout cela est vécu sous la houlette du saint-esprit, il n’y a pas lieu de buter contre des aspérités mais au contraire, l’occasion est rêvée pour expérimenter une plus grande paix, plus de douceur et plus de joie. Autrement dit : nettement moins dans le ventre et considérablement plus dans le cœur.

Enfin, une fois la stratégie du jeûne mise en place, n’oubliez pas d’organiser la phase de déjeuner, le processus de sortie du jeûne. Vous ne serez pas le même au terme de ce processus de mort à la vie de la chair, et votre retour à la (entre guillemets) « normale » n’est pas le come-back de celui ou celle que vous étiez avant. A la sortie du jeûne, vous êtes renouvelé(e) et l’occasion est idéale pour prendre un nouveau départ. Autant ne pas souiller tout de suite ce que vous avez pris la peine de purifier. Puisque vous avez fait taire votre chair pendant plusieurs heures ou durant quelques jours, ne laissez pas le vacarme du monde reprendre immédiatement le dessus. Vous êtes fortifiés pour résister au Satan et à ses mensonges perfides : profitez-en pour marquer votre territoire au nom de Yéchoua. Cela vaut également pour l’alimentation : ne vous précipitez pas sur un sachet de malbouffe industrielle, sur un de ces produits conçus par des personnes qui se fichent pas mal de votre santé, sur un de ces poisons manufacturés par des individus qui se sont laissé tenter par l’appât du gain, par l’adoration de Mammon. Après trois jours, vos papilles gustatives sont régénérées à tel point que vous pouvez à nouveau éprouver par vous-même ce qui est bon pour vous, pour votre corps et ce qui ne l’est pas. Soyez à l’écoute. Mangez un fruit ou un légume cru sans pesticides, et vous découvrirez à quel point D.ieu a créé toutes choses vivantes et bonnes et qu’il est inutile de les agrémenter de toutes sortes de sucres raffinés ou d’exhausteurs de goût comme c’est le cas pour tout ce qui est vidé de sa substance.

La sortie du jeûne est une occasion rêvée pour rendre grâces à D.ieu et pour le louer devant toute la création. Extasiez-vous avec Lui devant la perfection et l’harmonie de toutes ses œuvres, comme dans le récit du premier chapitre du livre de la Genèse, où il est dit que D.ieu prit du recul et vit que chaque élément qu’il avait fait et sanctifié était bon. Mais au sixième jour, après avoir embrassé du regard la création tout entière, après avoir donné pour nourriture « toute herbe verte » « à tout ce qui se meut sur la terre et ayant en soi un souffle de vie », D.ieu constata que l’ensemble était encore meilleur que chacune des parties qui le constituent. D.ieu s’émerveilla et ne dit plus que c’était bon mais TRÈS bon (Genèse 1 :30-31). Jeûner, c’est retrouver le chemin de l’unité avec la création tout entière. C’est retrouver sa juste place. C’est également la voie royale pour se reconnecter avec la parole de D.ieu, cette parole qui créa toutes choses, comme nous le rappelle le prologue de l’évangile selon Jean. Jeûner, c’est faire mémoire de ces paroles de Yéchoua qu’il adressa au tentateur et qui sont rapportées dans l’évangile selon Matthieu (Matthieu 4 :4) : « L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de D.ieu. »

Phil EDENGARDEN © 2018

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