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APPRENEZ LA BIBLE PAR CŒUR

Pour conduire une automobile, il faut non seulement posséder un permis mais aussi connaître le code de la route. Apprendre la bible par cœur procède de la même logique : mieux vous connaissez le code, plus vous avez d’assurance pour avancer.

Cet été, accompagné de mon épouse, j’ai pu visiter deux anciennes prisons du KGB, en Allemagne de l’Est. L’une d’entre elles, destinée aux prisonniers politiques, comportait plusieurs chambres de torture suffisamment sordides que pour encore susciter des sentiments d’épouvante près de trente ans après la chute du mur de Berlin. Les cellules qui jouxtaient ces salles d’interrogatoire musclés étaient minuscules, dépourvues de lumière naturelle, sans aération. Les détenus devaient y croupir dans une terreur sans nom, y sursauter au moindre claquement de grille ou de porte métallique, en attendant qu’on vienne à nouveau les chercher pour subir, une fois de plus, une fois de trop, des sévices intolérables.

prisonJe me suis demandé comment des personnes qui aiment la bible, qui y trouvent les encouragements dont ils ont besoin pour suivre Yéchoua, pouvaient survivre des jours, des semaines voire des mois dans de pareilles conditions ? Il n’y avait aucun mobilier dans ces sordides cellules, tout juste une estrade en bois, trop courte que pour s’y étendre de tout son long. On ne devait donc pas y trouver, non plus, de bible des Gédéons, comme on en trouve sur les tables de chevet des chambres d’hôtel. Je me suis demandé comment je ferais, moi, pour rester fidèle, si j’étais soudain soumis aux mêmes conditions que toutes ces personnes qui sont passées par là, si j’étais privé de bible ou de lumière pour la lire.

À cette question difficile, je n’ai qu’une seule réponse à apporter et la voici : en repassant dans mon esprit tous les passages de l’écriture que j’ai pu garder en mémoire. Je ne sais pas si vous avez eu l’occasion de lire le témoignage de Richard Wurmbrand qui, dans un livre intitulé « L'église du silence torturée pour le Christ », relate tout ce qu’il a vécu en même temps que d’autres prisonniers « politiques » dans les prisons de la Securitate, en Roumanie, sous le régime du dictateur Ceausescu ? Il raconte qu’avec les autres chrétiens qui avaient été enfermés avec lui, ils se partageaient oralement les passages de la bible dont les uns et les autres se souvenaient, passages qu’ils mémorisaient pour se constituer, chacun, une petite bibliothèque personnelle que rien ni personne ne pourrait leur confisquer puisqu’elle demeurait désormais dissimulée dans le secret de la mémoire.

Nous qui vivons à l’Ouest, dans des conditions de vie pour le moins confortables, protégés par des lois qui garantissent la liberté d’expression, nous ne nous rendons pas forcément compte que le vent peut tourner rapidement et que, du jour au lendemain, nous pourrions nous retrouver dans des situations extrêmes dans lesquelles nous serions soudain privés de tout accès aux livres de la bible. Habitués à recourir aux outils informatiques qui sont mis à notre disposition en permanence, nous ne prenons plus la peine de mémoriser des passages entiers de la bible, comme cela se faisait jadis, avant l’avènement de l’imprimerie, et comme cela se fait au sein de populations dont la culture se transmet encore oralement. Nous qui sommes de plus en plus dépendants de la technologie et des outils que nous avons sous la main, nous pourrions tomber de très haut lors d’une panne de courant généralisée, d’un important cataclysme, d’une grande inondation, d’un attentat terroriste de grande envergure, d’une guerre éclair et j’en passe.

prisonPensez donc à vous faire une réserve de survie, comme le font ces survivalistes qui stockent des armes et des réserves de nourriture non périssable dans leur abri antiatomique. J’insiste sur ce point : nous ne savons pas de quoi demain sera fait, et mieux vaut avoir toujours avec soi une trousse de secours. Mais à la grande différence de tous ces moyens temporels, la nourriture spirituelle que nous pouvons emmagasiner ne comporte pas de date de péremption. De surcroît, il est possible d’en consommer immédiatement sans que les réserves ne s’épuisent, un peu comme la jarre de farine et la cruche d’huile de la veuve de Sarepta chez qui résida le grand prophète Elie au temps de la famine.

Si vous me permettiez de vous donner un conseil, je vous inviterais à mémoriser autant que possible des pans entiers de la parole de D.ieu plutôt que des versets épars. Par expérience, je sais que cette manière de procéder favorise la méditation de l’écriture, que ce soit dans les files d’attente du supermarché, dans les transports en commun, sur le fauteuil du dentiste ou sur notre couche, lorsque nous n’arrivons pas à trouver facilement le sommeil. De plus, en mémorisant des psaumes, des récits, des paragraphes en entier, les maximes spirituelles ne sont pas extraites de leur contexte et l’on tombe donc moins facilement dans les erreurs d’interprétation.

D’un point de vue pratique, il est possible de procéder comme on le ferait pour toute autre matière profane : méthodiquement, à force de volonté, de patience, de constance, de répétitions. Mais les résultats sont plus rapides quand on choisit des textes qui nous émeuvent, qui nous étonnent ou qui nous interpellent personnellement. Quand on mémorise un psaume, il est quelquefois plus facile de le retenir en y apposant une mélodie. Enfin, il ne faut pas hésiter à demander à D.ieu qu’il nous vienne en aide dans la réalisation de cet exercice qui, je peux vous le garantir, est gratifiant. Une fois ces textes inscrits dans le cerveau, il sera plus facile de les passer et les repasser ensuite dans son cœur, comme le faisait notamment la mère de Yéchoua et comme D.ieu nous y invite dans ce passage du Deutéronome, au chapitre 6, que je vais vous citer et par lequel je terminerai :

« Tu aimeras YHWH, ton D.ieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. Et ces commandements, que je te donne aujourd'hui, seront dans ton cœur. Tu les inculqueras à tes enfants, et tu en parleras quand tu seras dans ta maison, quand tu iras en voyage, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras… »

Phil EDENGARDEN © 2017

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